[Municipales 2026, 2e tour] Derrière Paris, Lyon et Marseille, un recul de la gauche
Au lendemain du second tout de scrutin, on s'arrête sur Paris, Lyon et Marseille et on fait le point sur les villes du top 281.
Salut !
Bienvenue dans cette édition spéciale municipale de Blocs & Partis ! Tout d’horizon des résultats dans toute une série de ville le point sur le nouveau palmarès du Top 281. N’hésitez pas à liker et partager l’épisode, c’est une grande aide pour la visibilité de la lettre. Vos retours sont aussi très précieux.
Pour rappel, Blocs & Partis, les chroniques de la Ve République tardive, est traditionnellement publiée un jeudi sur deux. Pour celles et ceux à la recherche d’une analyse renouvelée de la scène politique française, de ses dynamiques et de ses métas. C’est aussi ma sélection d’infos ou d’éléments qui ont retenu mon attention et un terrible jeu : « La Carte électorale perdue ». La publication est pour le moment gratuite, mais vous pouvez aussi soutenir mon travail en souscrivant à un abonnement payant.
Le second tour en bref
La faiblesse perçue dans le bloc de gauche au premier tour s’est finalement bien traduite par une perte nette d’une demi-douzaine de villes pour la gauche dans le Top 281 (les villes de plus de 30 000 habitant·es et quelques autres). Avec moins de 100 villes, elle tombe à son plus bas niveau historique. La droite et le centre, eux, sont solides, il n’en fallait pas plus pour faire vaciller une gauche divisée. Le défaut de front républicain par les listes de gauche comme de droite offre un vrai succès à l’extrême droite après un premier tour poussif.
Paris
C’est un triomphe pour Emmanuel Grégoire (PS-Ecologistes-PCF). Gagner, avec la majorité absolue des voix, dans une triangulaire avec une autre liste de gauche… C’est très, très fort. Sa liste est en tête - et à chaque fois avec plus de 50 % des voix - dans 11 secteurs sur 17. Delanoë n’a jamais fait mieux que 12/20, même lors de sa réélection triomphale de 2008. C’est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la gauche parisienne.
Je l’ai écrit au moment du dernier meeting d’avant premier tour : Emmanuel Grégoire a mené une campagne pas très fancy, limite techno, trop porté sur ses adversaires (de fait, il a eu raison de le faire dans le contexte, mais on peut du coup douter de la réelle adhésion à sa proposition), mais solide. Ça veut dire quoi, solide ? Les cadres de la liste ont beau nous dire qu’ils ont tapé à tant de portes, rencontré tant de personnes en réunions d’appartements…bah c’est évidemment impossible à vérifier pour nous, journalistes. Et c’est le cas pour les autres aussi, qui nous disent les mêmes choses.
Sauf que quand Grégoire est non seulement le seul à remplir vraiment la salle qu’il a loué pour son meeting, mais qu’il réussit aussi à mettre plusieurs centaines de personnes devant la salle - et c’était la même chose lors de son premier meeting -, là, on peut légitimement se dire qu’il vraiment a réussi à monter une « machine » qui peut « faire sortir le vote », comme on dit au Québec. Grégoire avait de loin la plus grosse campagne de cette élection, et il a fait sortir le vote, avec les 38 % du premier tour, un score canon.
Sur un plan plus strictement politique, le tour de force d’Emmanuel Grégoire est d’avoir réussi un virage à gauche dans sa campagne de premier tour sans s’aliéner les centristes au second. Certes, il n’a pas mis Sophia Chikirou sous les 10 % au premier tour - un objectif à mon sens extrêmement difficile à atteindre. Mais elle n’est pas tombée à seulement 11,7 % du seul fait de sa (très) mauvaise campagne. Grégoire a su s’adresser, avec succès, à l’électorat non seulement unioniste - grâce à son alliance de premier tour - mais aussi à une part de l’électorat proche des insoumis et a choisi Grégoire dès le 15 mars. Au second tour, le choix de la cohérence bougrement était risqué sur le coup, mais a sacrément payé. Sans omettre les points de faiblesses réels de la campagne Grégoire, je crois qu’elle a de quoi inspirer une partie de la gauche pour l’année prochaine.






