
Salut !
C’est le troisième épisode de la deuxième saison de Blocs & Partis ! Cette semaine, c’est l’heure de revenir en grand sur la primaire de « la gauche socialiste et démocratique ». N’hésitez pas à liker et partager l’épisode, c’est vous qui faite la visibilité et le succès de la lettre. Vos retours sont aussi très précieux.
Pour rappel, Blocs & Partis, les chroniques de la Ve République tardive, est publiée un jeudi sur deux. Pour celles et ceux à la recherche d’une analyse renouvelée de la scène politique française, de ses dynamiques et de ses métas. C’est aussi ma sélection d’infos ou d’éléments qui ont retenu mon attention et un nouveau jeu : « La Carte électorale cassée ». Chaque lettre est gratuite pendant un mois après sa sortie, mais vous pouvez aussi soutenir mon travail en souscrivant à un abonnement payant.

La chronique
Ah ça, les mots « clair » et « clarification » on les a beaucoup entendus dimanche soir, lors de la proclamation des résultats de la primaire « de la gauche socialiste et démocratique ». Il faut dire qu’il y a des résultats qui souffrent moins de contestation que d’autres : plus de 66 % pour Raphaël Glucksmann, cinquante-deux points devant son plus proche adversaire, Olivier Faure, c’est un résultat massif.
Si on avait besoin d’une preuve qu’on peut gagner un vote sans faire une bonne campagne, elle est là. Une bonne campagne, c’est un bonus. Ce qui compte d’abord, c’est votre espace politique (pas certaine, ici, qu’il soit très grand, mais il existe), le niveau de la concurrence (il était extrêmement faible) et de bons sondages. C’est encore plus vrai lors d’une primaire, a fortiori bâtie sur mesure.
Car nous avons assisté à une primaire de confirmation. Ce qui paraît le plus évident, et l’analyse la plus partagée par les cadres rencontrés dimanche soir au Solaris, à Paris, c’est que…

Choses vues
Petit bump // Un mot supplémentaire sur la victoire de Raphaël Glucksmann. Son score lui permet de sortir par le haut du processus : il réunit les conditions d’une petite dynamique. Je ne dis pas qu’elle va se produire, mais il n’est pas absurde de l’imaginer. Un seul sondage a été publié depuis dimanche : c’est celui de l’Ifop pour LCI et Sud Radio qui le met à 13,5 % (+2,5) dans l’hypothèse avec Philippe (à 18 %, la tendance est stable) et sans Attal. Jean-Luc Mélenchon est, lui, à 16 % (là aussi, c’est stable). Ce n’est qu’un sondage, il faudra voir la tendance dans les autres, mais c’est exactement ce dont Glucksmann aurait besoin pour dire « regardez, c’est vrai, il se passe quelque chose » selon la formule désormais consacrée. Il a besoin de montrer qu’il y a un match avec Mélenchon pour tenter de susciter le vote utile de gauche. Après… ce petit bump, il faut le garder. Là-dessus, j’avoue que pour le moment, je suis nettement plus sceptique.
Buffet campagnard // En voilà un qui a aussi tenté le match avec Jean-Luc Mélenchon : Gabriel Attal. Pendant qu’il a peiné à réunir 3 000 personnes (probablement moins) à Lyon, il y en avait au moins 8 000 à Clermont-Ferrand pour les insoumis (qui en revendiquent 10 000). Je suis sa campagne de moins près que celles de la gauche. Mais, d’où je suis, je vois une campagne tout feu, tout flamme, qui tente tout et n’importe quoi, est partout tout le temps, si démago qu’on ne sait même plus où ça commence et où ça finit. C’est plus le « dépassement », c’est carrément un carambolage. Au moins, il a le mérite de faire une vraie campagne de challenger, ce qu’il est : il est en retard face à un autre candidat du même espace et il essaye de le rattraper. Toutes choses égales par ailleurs - vous allez voir, la précaution est de mise - je trouve qu’il y a du Jacques Chirac 1995 dans cette campagne. Lui aussi était le patron du principal parti de la majorité, lui aussi était un pur challenger et lui aussi… faisait face à un Édouard. « Je vous surprendrai par ma démagogie », avait dit à ses proches le maire de Paris à l’époque, et ça s’applique assez bien à Gabriel Attal, me semble-t-il. Les Guignols avaient aussi bien résumé l’esprit : « C’est pas démago c’est… y’en a pour tous les goûts quoi ! (…) Un peu comme un buffet campagnard : y’a de tout en grande quantité, pour tout le monde, chacun prend ce qu’il aime autant qu’il veut ! C’est ça mon programme : buffet campagnard formule jusqu’à peut plus ! » Pour l’instant ça n’a aucun effet sur les sondages, mais vous le savez, la remontada de Jacques Chirac, elle s’amorce en janvier-février 1995.

La Carte électorale cassée : découpez les sièges à votre avantage
Dans La Carte électorale cassée c’est vous qui devez redécouper les circonscriptions électorales d’un pays imaginaire de manière à ce que votre parti (le parti rouge ou le parti bleu, suivant les semaines) gagne à coup sûr les élections. Chaque circonscription en plus pour votre parti vous fait gagner plus de points que la précédente. S’ajoutent un bonus de temps et un bonus de compacité des circonscriptions.
Cette semaine, vous jouez pour les bleus et on revient à une carte de taille plus modeste. La carte est difficile : mon résultat est dégueulasse en termes esthétiques mais j’ai réussi à ne découper que deux sièges rouges sur 11.
Petite précision concernant les règles : seule la première soumission valide d’un même pseudo est prise en compte pour une même carte. Et si vous voulez progresser dans le classement de la saison qui commence, il vous faut absolument garder le même pseudo à chaque épisode. N’oubliez pas non plus de valider votre score (ça se passe via un petit Google Form qui est pré-rempli, vous n’avez qu’à valider, on est dans l’artisanat). Et, parce que ça en stresse certain·es vous pouvez choisir de masquer le chrono (en cliquant dessus) mais vous renoncez alors au bonus de temps.
Pour toute réclamation, n’hésitez pas à me contacter sur les réseaux ou par mail.
Le classement du 1er octobre
Sur les 81 personnes qui ont participé, seule une a obtenu 465 points : un grand bravo à Zelie_g ! Il ou elle a réussi non seulement à ne découper que trois circonscriptions bleues mais toutes les circonscriptions sauf une ont le bonus de compacité, très fort ! Pour vous jauger, sachez qu’obtenir 445 points vous ouvrait les portes du top 10, que le score médian est 415 et enfin que le moins bon score est 205, désolé Aurel.
Voici le top 10 du classement général après trois manches : 1. Madseop, 1085 points ; 2. Strasbourgeois84, 1025 points ; 3. Rémy D., 1005 points ; 4. Potdecol, 995 points ; 4. elliot, 995 points ; 6. Marion P, 990 points ; 7. Bikouze, 985 points ; 7. Kventino, 985 points ; 7. tiennusmarcus, 985 points ; 7. walkert, 985 points.

C’est tout pour moi cette semaine. Je vous donne rendez-vous jeudi 29 octobre 2026 pour le cinquième épisode de la deuxième saison de Blocs & Partis.
Électoralement vôtre,
R. G.-V.



A propos de la "remontada" de Chirac, une idée de séquence "rigolote" pour la newsletter: où on en était à la même époque de la campagne, les fois d'avant.
Se replonger dans https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l%27%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2022#Second_semestre_2021 et se rendre compte qu'on avait complètement oublié la "percée" de Zemmour à 17%, ce qui le mettait au coude à coude avec Marine Le Pen et Xavier Bertrand...
Pousser cinq ans en arrière, à cette époque où il était possible qu'Alain Juppé arrive en tête à 33%, plus de 15 points devant François Hollande - parce qu'on testait encore Alain Juppé et François Hollande... https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l%27%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2017#Sondages_r%C3%A9alis%C3%A9s_avant_la_publication_de_la_liste_officielle_des_candidats
(Bon, 2011 est moins rigolo: https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_sondages_sur_l'%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2012#Quatri%C3%A8me_trimestre_2011 , si ce n'est qu'on testait encore Jean Pierre Chevenement... et que, finalement, en campagnes "pré-tiktok", les sondeurs se débrouillaient pas si mal que ça..)